STAY WILD KEEP READING – SARAH CHICHE
Un podcast animé par Sylvia Minne
Durée épisode : 00 :46 :44
© READING WILD – 2020

« Je ne cherche pas à me guérir en écrivant, l’écriture n’est pas cathartique ; mais que la lecture puisse être d’un certain secours, oui ça je le crois profondément »

Sarah Chiche

Dans ce douzième épisode de Stay Wild Keep Reading l’auteure et psychanalyste Sarah Chiche se confie au micro de Sylvia Minne sur son rapport à la lecture et quelques uns des livres qui ont marqué sa vie de lectrice, de femme et d’écrivain.

RÉSUMÉ DE L’ÉPISODE

« Compagnons de solitude » dès l’enfance, les livres n’ont cessé d’accompagner Sarah Chiche, comme des trésors qu’elle creuse, qui permettent parfois de percer les énigmes familiales et existentielles, et d’arpenter le monde ; voir plus grand que soi et s’évader.

Extraits de l’entretien

« Les week-ends où je m’ennuyais à périr à la campagne, il y avait beaucoup de livres, c’était les  livres des adultes : soit les livres de mon père – disparu mais il restait ses livres – soit les livres de ma mère, ou bien les livres de ma grand-mère, et je voyais bien que ça n’était pas du tout les mêmes. Chaque personne avait des univers extrêmement différents, donc c’était peut-être aussi une manière de percer les énigmes familiales en partant à la découverte des livres qu’ils aimaient, qui les constituaient »

« Quand j’ai lu « La métamorphose » de Kafka, pour moi c’était absolument dingue, c’était absolument inouï, d’une certaine façon de retrouver tous les désarrois de l’adolescence, les impressions d’étrangeté : le sentiment de se sentir un insecte, un cloporte, d’être étranger en sa propre maison, voilà quelqu’un qui le disait de façon merveilleusement métaphorique, et avec une férocité et une drôlerie inégalées, c’était fantastique »

« La lecture c’est grâce à ma mère. Je la voyais beaucoup lire. Je me souviens : petite, un jour, je l’ai vue absolument ravagée et ravie par quelque chose qu’elle lisait ; c’était « Les noces barbares » de Yann Queffélec, et j’ai jamais oublié l’impression que cette lecture causait sur son visage. Elle me disait que lire permettait de vivre des choses plus grandes que soi »

« Marguerite Duras dans l’adolescence a joué un très grand rôle, notamment « Un barrage contre le pacifique »,  parce qu’il y avait là un monde »

« Le grand roman de l’amour fou, c’est pour moi le tome 2 de « L’homme sans qualités » de Robert Musil

« La première rencontre avec Pessoa, quand j’étais jeune femme avait été fulgurante. Et puis je l’avais laissé de côté, comme quand on ne veut pas toucher à quelque chose qui est si grand que l’on sait que ça peut brûler, ou glacer. C’est à dire que c’est un gouffre sans fin, et un gouffre sans fond Pessoa : plus on s’abîme dans la lecture des déambulations dans la ville rêvée de Lisbonne, plus on regarde le gouffre qu’il y a en cet homme, plus ce gouffre regarde en nous »

« Quand je lis et quand j’écris je redeviens toujours un enfant. Je ne suis pas sure d’être une petite fille à ce moment là. Je suis un enfant. Ni garçon, ni fille : juste un petit être très curieux, très silencieux, et qui creuse, qui cherche. Et l’écriture et la lecture me rendent toujours à cela. Il y a une vulnérabilité totale, mais c’est une vulnérabilité que j’aime »

RÉFÉRENCES CITÉES

Quelques auteurs cités dans cet épisode :

Lawrence Durrell
Franz Kafka
Joseph Kessel
Romain Gary
Yann Queffélec
André Dhôtel
Marguerite Duras
Vladimir Nabokov
Sade
Robert Musil
Fernando Pessoa
Thomas Bernhard

Avant de lire un extrait d’un de ses derniers livres coup de cœur, Sarah Chiche se prête au jeu du questionnaire lecture de Reading Wild pour nous délivrer quelques prescriptions littéraires

–  « Fille » Camille Laurens
–  « Thésée, sa vie nouvelle » Camile de Toledo
– « Ce qu’il faut de nuit » Laurent Petitmangin
– « Anna Karenine » Léon Tolstoï
– « Vivre » de Milena Jesenská
– « Le livre de l’intranquillité » Fernando Pessoa
– « La route » Cormac McCarthy
– « Le mal qui vient » Pierre-Henri Castel
– « A fleur de chair » Chloé Saffy
– « L’empire et l’absence » Leo Strintz

En conclusion de ce podcast Sarah Chiche lit à voix haute un extrait de son bijou méconnu « L’empire et l’absence » de Leo Strintz aux éditions Inculte.

Merci Sarah pour toutes ces belles recommandations.

Stay Wild Keep Reading est une production Reading Wild (www.readingwild.fr) présentée par Sylvia Minne

Photographie Sarah Chiche : © Francesca Mantovani/ Reading Wild

Sarah Chiche a notamment publié en 2013 aux éditions Cécile Defaut « Personne(s) » une « méditation sur la mélancolie, le deuil, l’écriture et l’existence » à partir du « Livre de l’intranquillité  » de Bernardo Soares, semi-hétéronyme de Fernando Pessoa. En 2019, son roman « Les Enténébrés »(Seuil) est finaliste du prix Anaïs Nin, et obtient le prix de la Closerie des Lilas. Dernier roman paru : « Saturne » aux éditions du Seuil à l’automne 2020

— Cet épisode 12 de Stay Wild Keep Reading a été enregistré à Paris — lundi 21 décembre 2020 au Silencio Club à Saint Germain des Près

Durée épisode 00 :46 :44

© READING WILD 2020

STAY WILD KEEP READING

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